Le Cercle Éris a eu l’honneur d’assister pour vous à la 10ème édition du London International Model United Nation qui s’est tenue à Londres du 13 au 15 février 2009.
Nous tenons à remercier l’Association Panthéon-Assas pour les Nations-Unies sans qui nous n’aurions pu vivre cette merveilleuse aventure.
LIMUN : 3 jours, au cœur d’une ville globale, une nouvelle nationalité, un nouveau métier, de nouveaux enjeux et de nouveaux amis.
Pas moins de 750 délégués issus de 89 universités et 28 pays étaient réunis lors de la cérémonie d’ouverture à l’Institute of Education, écoutant dans la ferveur et la bonne humeur les intervenants invités.
Le premier à prendre la parole durant cette cérémonie est Nicholas Hopton, favorable à la mise en place d’un conseil de sécurité élargie au profit de l’Allemagne, du Japon, du Brésil, de l’Inde et d’un représentant de l’Afrique, il a dressé pour nous sa vision de l’état du monde. Après avoir évoqué la montée en puissance de la Chine et mentionné l’arrivée de Barack Obama à la maison Blanche, ce qui ne fût pas sans déclencher un tonnerre d’applaudissements, Nicholas Hopton a ensuite rappelé les difficultés à obtenir des progrès notamment en ce qui concerne la représentation des États au seins d’organisation telles que l’ONU.
En répondant aux questions qui lui étaient posées par la suite, le diplomate a rappelé la volonté de la Grande Bretagne de maintenir sa position sur la scène internationale tout en supportant l’arrivée de nouveaux acteurs dont l’influence et la capacité à œuvrer pour le bien commun justifient l’implication . Ainsi, en réponse à un délégué décrivant l’Angleterre comme une ancienne puissance dotée de l’arme atomique, Nicholas Hopton rétorque que quoi que l'on en dise, son poids économique l’autorise tout naturellement à se comporter comme une grande puissance à l’influence rayonnante.
La parole passe ensuite à Minouche Shafik, secrétaire permanant pour le Department Of International Development du Royaume Uni, un partenaire clef des Nations Unies. Ce denier rappelle alors la complexité de l’ONU dont le Royaume Uni est le second pays contributeur. Il s’agit aujourd’hui de garantir à l’ONU une plus grande efficacité. Il apparaît donc comme une priorité pour l’Angleterre de réformer son organisation afin que l’ONU puisse pleinement délivrer une réponse aux conflits. Pour cela il faut parvenir à garantir le développement et l'organisation d'une aide humanitaire effective tout en permettant la mise en place de nouveaux standards et normes internationales.
C’est ensuite au tour du Docteur Ibrahim Abosag, professeur à l’Université de Manchester, de s’exprimer.
L’universitaire nous présente un rappel explicatif sur la crise économique mondiale avant de laisser la tribune au professeur Philippe Lane, représentant de l’Ambassade de France en Angleterre nous faisant part, en Anglais puis en français, du soutient et des encouragements de l’Ambassadeur.
C’est finalement dans une salle conquise et motivée que le secrétaire Général de LIMUN ouvre enfin la 10ème session du London International Model United Nation.
Ce qui impressionne avec LIMUN c’est avant tout la qualité de l’organisation. Une pochette contenant le nécessaire de survie pour diplomates en herbe est distribuée à chaque délégué, s’y trouvent toutes les informations nécessaires au bon déroulement de la session. Rien n’est laissé au hasard, même le sacrosaint « Tea time » est au programme d’un agenda bien rempli où se succèdent débats, pauses bien méritées et soirées bien arrosées. Chaque délégation se voit attribuer un pays que ces membres devront représenter durant les 3 jours de négociations. La délégation de l’Université Paris II Panthéon Assas, à laquelle votre humble serviteur appartient, s’est vue attribuer la représentation de l’Argentine et pour deux d’entre nous celle du Costa Rica.
Nous étions ensuite tous répartis en comités, votre humble serviteur étant attaché à l’Assemblée Plénière de Nations Unies.
Le fonctionnement d’un comité s’organise autour d’une équipe de deux ou trois « chairman ». Ceci sont des étudiants chargés de l’application des règles de procédure lors des séances de travail, ils sont les gardiens du temps de parole et de la bonne conduite des délégués. Ces séances s’articulent autour de prises de parole chronométrées, de votes, de débats, modérés ou non, et de communications écrites entre les délégués. Ceci dans le but d’aboutir à l’élaboration de résolutions qui seront bien évidemment âprement discutées et allègrement amendées.
Les débats prennent place dans les locaux de King’s College où chaque comité se voit attribué une salle.
Dès la première session du comité de l’Assemblée Plénière, les personnalités commencent à se distinguer, les plus éloquents prennent la parole et annoncent la position des pays qu’ils représentent. Très rapidement, au cours de la seconde session, les groupes se forment et les leaders apparaissent incontestablement. Soit parce qu’ils représentent un pays important, soit parce qu’ils ont une grande prestance, ces meneurs divisent autant qu’ils rassemblent.
Une première résolution est proposée par l’Arabie Saoudite, elle est vivement discutée puis amendée.
Les alliances se forment, autour des États Unis et du Luxembourg un grand nombre de pays s’unissent pour concevoir une résolution commune. L’Amérique du Sud s’unit à son tour et propose sa propre résolution mettant l’accent sur une nécessaire coopération régionale.
Apres avoir assisté à la montée en puissance de l’Italie et malgré les affres du Zimbabwe et les incessantes provocations de la République Islamique d’Iran, c’est une fusion de trois résolutions qui sera finalement votée à la majorité par l’Assemblée Plénière.
Il est amusant de constater que durant la cérémonie de clôture durant laquelle les « Awards » ont été remis, les représentants des États-Unis ont été les plus primés, suivis de près par ceux de la France.
C’est ainsi, non sans émotion et faisant suite aux comptes rendus souvent hilarants des responsables de comités, que le Secrétaire Général clos cérémonieusement la session, sans manquer de nous inviter tous à revenir l'année prochaine.
On ne quitte pas facilement un poste de diplomate… Malgré les regrets nous avons donc repris les rails du retour, la tête pleine de souvenirs, les yeux pleins d’avenir et avec l’envie de revenir.
LIMUN, s’avère être un excellent moyen de partager sa curiosité pour les relations internationales, de s’entrainer à débattre dans la langue de la Shakespeare et surtout de constater que le dialogue et la négociation peuvent venir à bout de bien des dissensions.