Travailler aux Nations-Unies: est-ce possible ?


 

Bien que le chiffre soit difficile à évaluer notamment en raison de nombreux contrats ponctuels pour des missions particulières, on considère qu'il y a globalement 60 -70 000 fonctionnaires internationaux.

Nombreux d'entre nous, notamment étudiants en droit international mais également dans diverses autres filières, souhaiteraient intégrer ce corps de fonctionnaires, et ce qui en fait surtout rêver plus d'un est de travailler à l'Organisation des Nations Unies (« ONU »).

Afin de mieux informer les jeunes ayant ce genre d'aspirations, l'Association de Paris II Panthéon- Assas pour les Nations Unies a organisé une conférence avec plusieurs professionnels de l'ONU.

Ainsi, M. Jean-Pierre Bugada de l'UNRIC, Mme. Mona Feghali du PNUE, Mme. Tamara Kummer du PAM, Mme. Marie-Ange Lescure du HCR, et M. Eric Toussaint de l'UNESCO nous ont fait l'honneur de nous présenter avec une admirable clarté et d'un point de vue réaliste ce qu'un étudiant sortant de son second cycle à l'université pouvait espérer comme carrière au sein du système des Nations Unies.

Tout d'abord, M. Bugada a précisé, et ses collègues l'ont confirmé, que pour intégrer l'Organisation des Nations Unies il y a un système rigide de recrutement. Il nous a été présenté les quatre modes principaux de recrutement : les concours nationaux de recrutement, le système de recrutement classique, les concours linguistiques, et les recrutements pour le maintien de la paix.

 

Des concours sont organisés annuellement au niveau national pour les postes d'Administrateurs auxiliaires (Postes dits « P1 » ou « P2 »). 

 

Selon le système de recrutement classique, pour accéder à un Poste de niveau intermédiaire ou supérieur P-3 ou plus, un diplôme de Master ou plus est l'idéal, mais un diplôme de licence peut suffire s'il est assorti d'expériences professionnelles suffisantes. En effet, pour ce type de postes d'administrateurs, quelque soit le diplôme, une expérience de quatre ou cinq ans est nécessaire officiellement, même si aujourd'hui il semblerait plus réaliste de viser plus près de dix ans. Les vacances de postes sont publiées généralement pendant deux mois, après une priorité donnée aux candidats internes, sur le site https://jobs.un.org/Galaxy/Release3/vacancy/vacancy.aspx?lang=1560.

 

Pour ceux qui visent une carrière notamment de traducteur, d'interprète ou dans d'autres postes linguistiques, les concours linguistiques s'organisent généralement lorsque les besoins se manifestent, là où ils se manifestent. Il est impératif que les candidats aient au moins une des langues officielles de l'ONU (anglais, arabe, chinois, espagnol, français ou russe) comme langue principale.

 

Enfin, les recrutements se font également pour les opérations de maintien de la paix, qui aujourd'hui représentent près de 100 000 personnes, qui exercent des fonctions très diverses (en comptant les militaires et la police). Les conditions de diplôme et d'expérience professionnelle est en général la même que pour les postes d'administrateurs, combinée avec une bonne condition de santé. 

 

Face à ce système rigide, les intervenants nous donnent quand même de l'espoir en nous rappelant qu'il y a d'autres voies pour accéder aux Nations Unies. Ainsi, il ne faut pas négliger qu'il est possible de faire des stages, d'intégrer par des programmes d'experts associés ou encore des programmes de volontaires à l'ONU. 

D'autre part, les cinq intervenants ne cessent d'insister sur l'importance des stages qui peuvent aller jusqu'à six mois. Ils sont certes peu voir pas rémunérés, mais permettent de s'habituer aux procédures et jargons très particuliers des Nations Unies et d'avoir un premier contact avec le service correspondant au cursus du candidat. De même, pour les stagiaires très performants pourront éventuellement être embauchés pour des contrats de consultants pour des missions brèves.

 

D'autre part, les programmes d'experts associés qui durent entre deux et trois ans, et ceux de volontaires des nations unies qui peuvent impliquer jusqu'à 24 mois dans le terrain présentent ces mêmes avantages.

 

Ce qui fait peur aux jeunes, notamment les français, c'est le système de la fourchette souhaitable de représentation. En effet, et M. Toussaint l'a encore accentué, le cœur du système est la distribution géographique. Le nombre de postes accordés aux citoyens d'un pays va dépendre de plusieurs facteurs, notamment la population, la contribution au budget de l'Organisation, etc. Les 192 membres des Nations Unies ont le droit à un certain nombre de postes théoriques, avec une représentation « normale » dans l'Organisation.

Pour la France, la représentation géographique est d'environ 3, 4 voir 6 fois plus que la représentation normale. Or, pour les Etats sur représentés c'est relativement difficile d'entrer à l'UNESCO. Il faut donc savoir qu'avec le nombre de postes pour les nationaux français restent vraiment limités.

 

Cependant, tous les intervenants, bien qu'admettant la difficulté de la carrière, nous ont bien encouragés à ne pas perdre espoir ! En effet, il y a une grande quantité d'autres carrières qui proposent des emplois extrêmement enrichissants, qui pourront servir comme base avant de pouvoir entrer à l'ONU. C'est le cas pour des Organisations Non Gouvernementales, qui travaillent souvent avec l'ONU, mais également nombreuses entreprises privées dont le secteur d'activité peut rentrer en contact avec l'activité de l'ONU. C'est ce sur quoi notamment Mlle Tamara Kummer a insisté, en prenant l'exemple de sa propre expérience. Après avoir travaillé pendant un an dans une entreprise privée et a fait un stage au PAM, et a ainsi réussi à trouver un poste au Programme Alimentaire Mondial à Paris malgré son jeune age.

 

M. Bugada a conclu encore sur une note optimiste pour notre génération. D'une part, la vague de départs à la retraite va laisser libre un certain nombre de postes pour les jeunes qui se lanceront dans le milieu du travail dans les années qui viennent. Ainsi, la France notamment qui a souvent négligé des postes, va être poussée à recruter plus. 

 

Finalement, le système des Nations Unies n'est sans doute pas plus fermé que d'autres secteurs prestigieux, il ne faut simplement pas avoir peur du formalisme du système de recrutement, qui malgré sa rigidité n'est pas imperméable.  Plusieurs choses sont sures : les diplômes sont importants, la maîtrise de l'anglais est absolument indispensable. La route sera longue et non sans peines, mais avec de bons bagages et de la persévérance, travailler à l'ONU n'est pas impossible !

 

                                                                                                                              Par Marianna Karttunen

 

Pour s'informer sur les différents postes disponibles :

www.votreprogramme.org/vacancies

www.developmentex.com

www.idealist.org

 

Pour plus d'informations sur l'association de Paris II Panthéon- Assas pour les Nations Unies :

http://amuna.free.fr

assasmun@gmail.com
 

 

 



United Nations Regional Information Center.

Programme des Nations Unies pour l'environnement

Programme Alimentaire Mondial

United Nations High Commissionner for Refugees

United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization


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